11.04.2006

Un bon projet enterré : et après ?

Jeunes pour le CPE s'est créé le 24 janvier dernier, une semaine après l'annonce de Dominique de Villepin, Premier ministre, de la création du Contrat Première Embauche.

 

En tant que jeunes, nous avons vu dans ce projet, devenu un article de loi, la possibilité de mettre enfin un terme aux années de galères traversées par nos aînés pour atteindre leur premier CDI, 8 à 11 ans en moyenne après la fin de leurs études.

 

Pendant 3 mois, nous avons défendu ici cette mesure, qui nous semblait bonne pour lutter contre le chômage des jeunes et la spirale infernale des stages, CDD et périodes d’intérim, synonymes de précarité et d’incertitudes. En effet, il nous semble indispensable, aujourd'hui, de trouver des solutions rapides et fiables, qui puissent être supportables pour les entreprises, et de fait créatrices d'emplois.

 

Semaine après semaine, nous avons développé ici nos arguments en faveur du CPE, comparant ce projet aux contrats déjà existants ou ayant existé (CDD, emplois jeunes) ou le confrontant aux contrats en vigueur dans l’Europe des 25.

 

Ce site, qui se voulait pédagogue et militant, avait pour but de vous informer, et de vous offrir un espace de débat. Au terme de ces trois mois intenses, nous avons appris hier, comme vous tous, le remplacement du CPE par un autre dispositif, qui réduit le public y ayant accès.

 

Jeunes pour le CPE ne se satisfait pas d'un contrat mi-figue mi-raisin, qui rejoint la multiplicité des contrats aidés. Ce nouveau contrat, désormais directement dirigé vers les jeunes sans qualification, répondra en partie à la crise des banlieues du mois de novembre, espérons le suffisamment.

 

Simplement nous n’attendions pas une rustine de plus, mais une vraie politique volontariste pour l’emploi des jeunes alors forcément, depuis hier, nous avons la gueule de bois.

 

Nous maintenons que le Contrat Première Embauche était une bonne mesure. Nous pensons également qu'avec un peu plus de courage de la part des politiques, et notamment le soutien du parti de la majorité, nous aurions pu gagner cette bataille de l'emploi.

 

Dans cette histoire au mauvais goût de série B, les politiques auront encore perdu quelques plumes. En effet, un Premier ministre courageux, désireux de s’atteler de pied ferme au dossier très chaud du chômage et ce un an avant les élections, ça se salue et ça se soutient, au nom de l’intérêt général. Ca ne se dézingue pas. Encore, que l’opposition fasse de l’opposition, c’est de bonne guerre politique…

 

Mais se faire attaquer par son propre camp pour des histoires qui n’ont que peu de rapport avec les solutions à apporter au chômage, c’est proprement scandaleux. Si devoir d’inventaire il doit y avoir, l’UMP peut fermer pour un bon bout de temps… Il ne suffira pas d’un week-end pour panser les plaies.

 

Si un jour on pouvait penser à livrer le service trois pièces à nos élus en même temps que l’écharpe tricolore, alors la France serait réformable, et l’on pourrait s’attaquer sérieusement au problème du chômage.

 

D’ici là, nous continuerons à enchaîner stages, CDD, et périodes d’intérim, en espérant que ces années difficiles soient les moins longues possibles.

 

 

Plus que jamais, nous sommes pour le changement.

 

 

Merci pour votre soutien,

 

 

L’équipe de Jeunes pour le CPE

02.04.2006

Vos réactions (9)

La France doit se remuer pour le CPE. 

 

Je suis anglaise habitant en France depuis 23 ans et je vois le pays se dégrader d'année en année.  La rue se mobilise chaque fois contre tout essaie d'amélioration alors que tous autour de moi se disent (ou se prétendent ?)

 

POUR le changement - ou est la vérité ?

 

Nous exerçons en France un forme de protectionnisme à vouloir protéger nos emplois - mais qui les protègent, ceux qui sont confortablement installés au travail, sans égard pour les 25% de jeunes qui sont au chômage? 

 

Pourquoi ces jeunes vont-ils en Angleterre, aux Etats-Unis, et ailleurs à le recherche d'emplois "précaires" si les conditions sont si bonnes en France ? 

 

Pourquoi nos ingénieurs, nos techniciens vont-ils s'installer à l'étranger vers des emplois soi-disant "précaires". 

 

Les pays étrangers ont tous les yeux tournés vers la France actuellement car le CPE est perçu comme une petite ouverture qui permettrait l'installation d'entreprises dans notre pays qui seraient sources d'emplois pour nos jeunes.

 

Tous ceux pour le CPE doivent se manifester HAUT ET FORT pour se montrer solidaires de Villepin. 

 

Il faut donner un chance à ce magnifique pays qu'est la France, de retrouver son optimisme et sa motivation, et ce n'est pas en manifestant contre toute idée de changements.

Vos réactions (8)

Bonjour à tous et merci aux créateurs de ce site de nous laisser l'opportunité (pauvres minoritaires) de revendiquer aussi notre avis.
 
Tout d'abord, je reste totalement persuadée que le CPE est une formidable opportunité pour les jeunes d'acquérir une expérience dans le monde du travail. En effet, il est temps d'arrêter de diaboliser les patrons de cette sorte.
 
La loi prévoit tout de même un plan de formation pour ces contrats de la part de l'employeur et donc un investissement envers l'employé.
 
De plus, une personne donnant son maximum et ayant envie de travailler et de s'investir ne passera jamais inaperçu aux yeux de son employeur (ce sont aussi des êtres humains) et contrairement à ce que l'on croit si une opportunité de poste se présente, les employeurs préféreront la donner à une personne ayant fait ses preuves, connaissant le poste et ayant montré son courage à la tâche.
 
Bien sûr qu'il y aura des abus, mais pas tant qu'on peut le croire. C'est une ouverture vers l'emploi que l'on ne peut mettre de côté.
 
Et même si cela ne débouche pas sur le CDI prévu et que l'essai ne dure qu'un an, cela reste acquis pour notre expérience. On ne pourra plus nous reprocher de ne pas avoir d'expérience à la sortie de l'école.
 
Enfin, une dernière chose, j'aimerais me révolter face au comportement des syndicats et autres manifestants ne cherchant qu'à avoir une journée de congé sans solde en faisant grève.
 
Je suis obligée de prendre le bus pour aller à mon stage car j'habite loin.
Comment vais je une fois de plus faire demain mardi 28 pour aller à mon entreprise ?
Encore à pied alors que je paye un ticket mensuel ?
Et comment feront les gens qui travaillent loin de chez eux, qui n'ont pas de voiture et qui ne sont pas forcément contre le CPE ?
Dire non au salaire d'une journée ?
 
Je ne parle même pas des gamins de 14-15 ans qui passe leur temps à bloquer leur école et à perturber les révisions du bac des terminales.
 
Ou est la démocratie ?
Ou est le droit de vivre normalement malgré notre désaccord ?
Dans quelle société révolutionnaire vivons nous ?
 
Pour conclure, si d'autres personnes habitent à Clermont-Ferrand et pensent comme moi, si elles le veulent, elles peuvent me contacter par mail car j'ai moi aussi envie de manifester mais pas contre le CPE.
 
C'est en se ralliant que nous attirerons la lumière aussi sur notre tranche de la population et que nous sauverons peut être des opportunités d'emploi pour les jeunes.
 

Merci pour votre attention

 
Laure